COMPLEXES DE PLATINE : influence du pH sur la réactivité
• CISPLATINE
De même que les autres complexes de Platine, le CISPLATINE se décompose en milieu alcalin. L'ion HO- est un excellent nucléophile qui déplace les ligands chloro : l'échange conduit à des hydroxo-complexes.

Remarque :
L'instabilité du cisplatine en milieu alcalin pourrait intervenir dans certaines résistances au cisplatine (liées à une alcalinisation intracellulaire dans des lignées tumorales)
Les hydroxo-complexes (électriquement neutres) sont beaucoup moins réactifs que les aqua-complexes vis-à-vis des macromolécules biologiques et subissent un efflux important à travers la membrane cellulaire.
• CARBOPLATINE
Contrairement au CISPLATINE, le CARBOPLATINE possède une remarquable stabilité en milieu neutre (aucun échange n'est décelable même après plusieurs mois à 25°C)

En milieu NEUTRE : l'attaque d'une molécule d'eau sur le complexe A (= CARBOPLATINE) conduit à une forme ouverte (B) portant à la fois une charge positive au voisinage du métal et une charge négative au niveau du groupement carboxylate. La proximité des deux sites chargés favorise une attaque nucléophile intramoléculaire et le retour vers A.
Conséquence : en milieu neutre, seul le complexe fermé A est observable (explication de la très grande stabilité du CARBOPLATINE).
Un milieu ACIDE favorise la protonation du groupement carboxylate de B ce qui fait disparaître la charge négative (l'attaque nucléophile intramoléculaire n'est plus possible) : la réaction évolue vers le complexe C.
En milieu BASIQUE, l'anion hydroxyle (nucléophile très fort) favorise la formation du complexe D.
